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28.07.2007

Sometimes i hate men

J'avais des choses à raconter. J'aurais pu parler de mon alcoolémie permanente depuis maintenant 15 jours, de Quentin trop chou qui m'appelle sentant que ça ne va pas fort, des huit demis dans ma gueule avec Vincent, oui madame veut maigrir, oui madame veut arrêter de boire, de fumer, sauf que madame fait tout le contraire.

Mais est arrivé l'impensable. Cette chose qui vous fait trembler jusque dans le profond de la chair, celle qui vous tétanise et vous laisse bouche bée, celle qu'on apprend d'un coup de fil à 6h45 du mat', celle qui vous fait courir paniquée jusqu'au métro. Elle s'est faite violer.

Et c'est l'horreur qui vous prend, vous glace les organes un à un. Elle s'est faite violer. C'est l'effroi de l'entendre hurler qu'elle veut dormir, qu'elle ne veut pas aller à l'hôpital, voir les flics ou les pompiers. La voir déconnectée et effondrée à un point que je n'aurais même pas cru possible. Cette blessure profonde dans sa chair qui la torture, la tord d'un bout à l'autre. Se sentir complètement désemparée et impuissante. S'efforcer de tenir, d'être là, pour elle, ne pas écouter les autres parler d'elle comme d'une enfant ou une débile, ou cette psy qui sort "non mais ici ce n'est pas comme dans la forêt africaine" comme si le viol était plus acceptable là bas, ce vieux flic qui débarque mains sur les hanches en lançant "Bon alors qu'est-ce qui se passe?" le regard des sept collègues rivés sur elle, et tous à la regarder s'écrouler de seconde en seconde, elle: "Je veux pas en parler" le vieux: "C'est votre droit" avant de disparaître.

Cette journée à courir entre hôpital et commissariats, elle qui n'a pas dormi, à peine 2 heures pour moi, la peur au ventre qui ne nous quitte pas, qui se glisse et grandit d'heure en heure à mesure de son visage blanc et sa fatigue qui la pousse à bout presque autant que les flics. Elle tremble. A successivement chaud et froid. La faire manger, se reposer. La laisser avec déchirements avec sa coloc et sa copine, se dire qu'il ne faut pas l'étouffer, pas trop de monde.

Ne pas pouvoir s'empêcher de penser que si je lui avais prêté mon portable, le sien étant sans batterie, si je lui avais confié cette bouteille en verre vide dans mon sac, si j'avais plus insisté pour qu'elle dorme chez moi ou la fille chez qui nous avions passé la soirée, tout cela ne serait peut être pas arrivé, si seulement j'avais fait quelquechose...

Et tous ces bruits dans la cour à présent, ces voix, ces télés, tous ces gens qui vivent paisiblement alors que elle s'est faite violer putain violer.

Dormir chez elle quand sa copine n'est pas là. La rassurer autant que possible. La laisser exploser, péter des câbles quand elle en a besoin, à hurler et tout casser dans sa chambre parce que ça lui fait du bien, parce que mieux vaut ça que son silence...

22.07.2007

Call me baby

Il faut que je trouve un truc. Je crois que je vais offrir des conteners de médocs à mes potes pour leurs anniversaires. J'en peux plus de me retrouver dans cet appart à tourner en rond en me demandant quoi faire. Cloé m'a lâchée pour Amsterdam. Motif: rinopharyngite.

Et je suis là à me demander quoi faire. J'y vais? J'y vais pas? J'ai deux retours, pas d'aller. J'y vais seule? Je lui ai proposé à Lui, il me dit pourquoi pas, qu'il en a envie, qu'il ne sait pas, qu'il doit être le 1er Août à Biarritz. En bref: je ne sais pas ce qu'il veut et visiblement lui non plus.

Le voir cet après midi. Boire un demi kiwi avec nostalgie et soulagement je crois que je suis devenue totalement alcoolique. Il a l'air fatigué, m'avait prévenu qu'il sortait d'une nuit blanche même si je ne le crois qu'à moitié. On parle calmement. Je me sens pourtant m'agiter, parler parler parler plus vite plus vite. Je vois bien qu'il ne m'écoute qu'à moitié, il me demande de lui raconter ma semaine, mais au fond tout ce qui l'intéresse c'est de savoir si j'ai couché ou embrassé des filles. Il dit qu'il a envie d'aller se promener en forêt, me propose demain après midi, je dis pourquoi pas. Et puis Môssieur doit rentrer chez lui. Tant pis, j'aurais aimé passer la nuit avec lui.

Parler anglais peut être une heure avec ce black américain à la 50 cent dans le métro. Démarche et carrure plutôt imposantes. J'aurais voulu me voir face à lui dans ma petite robe blanche. Il me dit qu'il essaie de savoir qui je suis et qu'il faut pour cela passer 24 heures avec une personne, m'écoute lui raconter ma vie, je lui parle d'Alexis, de La Rochelle, d'Amsterdam, de Londres et même Bristol et Plymouth. Il me demande si je suis heureuse, et je me retrouve là à le regarder, à ne pas savoir quoi répondre, je n'en sais rien au fond, je lui dis oui. Ca me fait du bien de l'avoir en face de moi même si je ne me fais pas d'illusion, ce mec en veut plus à mon cul qu'autre chose. J'aime sa façon de voir les choses, de penser que rien n'arrive par hasard, et qu'il faut toujours chercher à s'enrichir au contact des autres, laisser tomber ceux qui nous rabaissent et garder ceux qui nous ouvrent les yeux. Je lui laisse mon numéro après tout.

Je suis fatiguée, ai besoin d'air en même temps. Partager entre le désir de partir, bouger d'ici, et celui de me reposer enfouie dans mes draps. Peut être que je serai au calme après tout là bas. Peut être que je me sentirai bien. Peut être que j'ai peur de partir.

Il me manque.

Yeah baby yeah

Repasser une nuit avec Alexis, louper mon train le lendemain matin pour La Rochelle, profiter du temps libre pour acheter un maillot de bain malencontreusement oublié dans la précipitation, dans le train s'entendre répéter dans le haut parleur "en raison d'un accident routier le train arrivera avec un retard indéterminé", arriver avec une heure de retard à la gare, l'attendre Elle Emeline, toujours aussi belle, un après midi ensemble, le Phare, des demis, premiers joints, des bières encore, récupérer des capotes aux francos, Karine qui dort debout, Cloé malade qui passe me prendre, moi et Emeline déjà bien perchées, Jess que l'on va chercher à la gare, Boubouh et les autres, la maison de Cloé qui n'a pas changé, une première soirée qui annonce une semaine chaude chaude chaude, des filles des filles, la piscine, de la corinne, de l'alcool, des bières encore des bières, et la voir belle belle belle, Emeline, notre complicité toujours là, nos plongeons à pas d'heure de la nuit, notre façon de nous chercher en permanence, nos éternelles crêpes, les materner toutes en permanence, être toujours fourrées ensemble, dormir dans la même chambre, les laisser parler et s'imaginer sur nous deux, nos jeux à la con dans la piscine baseball entre autres, notre premier bisous enfin, bourrées traverser la maison en maillot trempées enveloppées dans la même serviette et prendre une douche à deux en pleine nuit, pas une seconde écoulée sans alcool dans le sang pendant 8 jours, des coups de soleil, la biafine que je passe tous les soirs à Emeline, une journée plage, un pistolet à eau, le Paradise, danser danser danser, la laisser poser ses mains sur mes hanches et coller son bassin au mien, onduler des heures en sentant son souffle dans ma nuque, des filles en string seins nus dans la piscine, des photos, de la musique, Emeline et Karine qui jouent aux gardes du corps dans la rue et s'énervent sur ceux qui osent bloquer un peu trop longtemps sur mes cheveux, notre groupe de rock fictif, Boubouh en manageuse avec ses lunettes de soleil, les trois pétasses de la gare payées à rien faire, des glaces, les rues de La Rochelle, la Guignette, la musique à fond dans la voiture et les cheveux au vent, les araignées dans les plantes et le cabanon, ce parking qui fatalement me brise le coeur, concert de Mademoiselle K (qu'elles arrivent à rejoindre en coulisse) mais surtout Eiffel, une boîte de nazes (la Douche), le bar Au Soleil et sa serveuse, nos bd avant de dormir, les miaulements de Marie, ces filles toutes dingues, notre retour à pied avec Emeline perdues en plein soleil, 2 points en moins sur le permis de Cloé, Mag repartie qui nous harcèle au téléphone, Cloé qui passe le swiffer chez Boubouh à 6h du mat', nos discussions interminables avec Mogo à nous regarder loin dans les yeux en contemplant de temps à autre les étoiles, une souris qui nage dans la piscine, envie d'une belle robe blanche et craquer sur une en soldes, dernier verre au Phare, Emeline qui tient à garder mon sac sur ses genoux, le train qui part, nos mains qui s'agitent, moi et Cloé côte à côte à pleine vitesse en direction de Paris, nos billets allers pour Amsterdam qu'elle ne peut pas retirer sa carte ayant expiré, et la peur au ventre de ne pas partir.

Tout cela dans un désordre relatif. J'en passe et en oublie tellement!

Je me lève dans 5 heures pour repartir à Amsterdam donc. Doit encore défaire et refaire mon sac. Suis fatiguée. Ne pourrai pas dormir avant tard ou peut être pas du tout.

Premières heures de sobriété. Je me sens pourtant loin. Ne comprends pas tout. Demeure quelquepart inconsciente. Cette semaine est passée tellement vite. Comme si le temps s'était égaré et que tout cela n'était qu'un rêve qui tourne et retourne sans fin dans ma tête.

11.07.2007

I so love my new hair

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Des retrouvailles, les rues d'Avignon, des sourires, de la vie, deux films vraiment bien (Persepolis et The Bubble), du soleil, des spectacles de rue, du beau monde, Lui qui me fait sonner à 4h du matin, des tabourets toujours introuvables, ma chienne, des nouveaux cheveux, un concert, une nuit plutôt courte, un réveil qui oublie de sonner, des gélules de fer, des kilos en plus, un retour en train à dormir, quelques regrets, le métro, un agent edf, pas de courier, la flemme de défaire mes bagages, ce mail envoyé à Lui (deux en réalité et que j'hésite à publier ici).
Je me réveille. Jette un coup d'oeil à mon portable. 18h45. Je ne sais même plus quel jour nous sommes, croyais être un matin comme un autre. Et puis tout me revient en mémoire. Je me hisse dans le haut du lit pour regarder le ciel. Il fait toujours gris. J'ai froid. Me rendors.
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Et dire que je repars vendredi matin.

07.07.2007

Ciao Andrea

Lever à 7h. Prendre le métro, le bus jusqu'en banlieue. Journée à poser du carrelage chez ma cousine, à découper et coller des carreaux dont la simple vue finit par vous épuiser. Puis courir chez moi, enfin façon de parler, ma cousine me raccompagne et sa voix dans son téléphone kit main libre m'exaspère, elle crie, parle de soldes, de machines à laver. J'ai mal à la tête.

Ne pas louper le rendez vous. A 20h à Bastille, que j'ai réussi à décaler à 20h20. Je revois Andrea, erasmus italien qui rentre à Rome jeudi.

19h52. Je suis chez moi, consulte rapidement mes mails. J'ai reçu ça:

Envoyé :  jeudi 5 juillet 2007 23:43:47
Objet :  t'es ou?
 
coucou ca va?
ca fait trop de temps que je suis sans nouvelles, j'en peux plus, dis moi ce que tu fait; donne moi signe de vie!
putain tu me manque, merde! j'ai besoin de toi
je t'en pris, je m'inquiete tous ce que je t'ai dit je le pense fais moi confiance!
donne moi signe de vie...
bisous je t'aime
alex
 
 
De Lui (comprendre toujours ce même connard qui tend à ne plus en être un hum). Confusion totale. J'ai le coeur serré. Je navigue dans mon apart en me parlant à moi même Putain putain putain. Garder son calme. Garder son calme. Ne rien faire. Juste aller à ce putain de rencar, ne pas se poser de questions. Ne pas y penser.

20h25. Il me fait signe au loin, de derrière la cabine téléphonique. Nous marchons l'un vers l'autre. Il a toujours ce grand sourire et ses yeux qui brillent tellement fort. Mon bel Andrea, mon bel italien. Nous remontons la rue de la Roquette jusque l'Objectif Lune. - Une pinte s'il vous plait - Une pour moi aussi. J'aime discuter avec lui. L'entendre me parler de l'Italie, de films qu'il a vu, d'endroits qu'il a découverts sur Paris. Ce garçon et son accent divin me font voyager. M'évader, m'étonner, me rappeler qu'il y a encore tellement mais tellement de choses encore à voir.

- J'ai un cadeau pour toi. Il fouille dans son sac quelques secondes et en ressort son dictionnaire de français-italien. Je reste stupéfaite. Il m'offre son dictionnaire, je trouve la symbolique tellement forte, cela me touche énormément. Je le regarde, le touche pendant un moment, sa couverture pliée, ses pages un peu jaunies, ses coins cornés. Je crois que c'est le plus bel objet qu'on m'ait jamais offert.

Puis rejoindre les marches de l'opéra. S'extasier devant le ciel qui change de couleur à une vitesse phénoménale. Se perdre dans les lueurs des quelques lampadaires, de la ronde incessante des phares qui défilent sous nos yeux. Observer les gens. Rire. Se dire qu'on est bien finalement.

Un narguilé chez moi. Un join qui tourne. Des roulées, toujours des roulées. Une bouteille de Pol Rémy Framboise. Et toujours Noir dez en fond sonore.

Je me lève. Prendre un verre d'eau. Je tombe. Devant l'évier. Boum. J'entends la tête qui cogne je ne sais où. Je tombe, m'écroule. Je suis à terre. Rouvre les yeux. Fais un effort surhumain pour ne pas les refermer, pour ne pas glisser encore. - Sugar sucre, où il est? j'entends avec son accent délicieux. Je lutte pour rester éveillée. Rester avec lui, écouter sa voix qui répète. Je n'arrive pas à répondre d'abord, murmure - Rouge couvercle rouge. Non ça c'est le sel. Je tente de me tenir assise. Il me tend un verre d'eau sucrée, s'agenouille devant moi - Bois bois. Ca va? Ca va meilleur? Il a l'air déboussolé, fixe mon visage. Il me dit que je suis très blanche. Mon regard et mes paupières ne tiennent pas en place. J'ai du mal à reprendre mes esprits. Le temps passe, et il est là à prendre soin de moi, à me fixer. Je divague. N'en peux plus d'être là à terre. Tente de me lever. S'appuyer sur le bar et l'évier. Je reste en l'air une seconde et me rassoie. Je ne tiens pas sur mes jambes et tout tourne encore trop vite. Il m'interdit de me lever à nouveau. Je bois un à un les verres d'eau sucrée qu'il me tend mais au fond ça ne va pas mieux. Je me sens tellement mal à l'aise que ce soit arrivé là devant lui, d'être sous ses yeux dans un état si pitoyable. Il me demande régulièrement si ça va, et je lui réponds que oui avec un grand sourire. Je m'efforce de le rassurer. Ce n'est pas la première fois. Ca passera.

Je finis par réussir à tenir debout. Fais quelques pas jusque mon lit. Il se tient à côté de moi au cas où je retombe, me conseille de m'allonger. Le silence s'installe. Les minutes coulent. Je tente comme je peux de me réveiller, de me sortir de cette incapacité. Je reprends des couleurs, je le sens dans mes joues. Il m'observe toujours, et nous jouons de nos regards. A celui qui tiendra le plus longtemps. Il rougit. Et je finis toujours par éclater de rire. Des minutes peut être des heures passent à nous fixer, à se retenir de rire, se mordre la lèvre, le regarder se rouler une énième cigarette. Une complicité qui s'immisce. Nous reprenons nos discussions. Je me sens mieux même si je suis encore faible. Je tiens debout pour aller me chercher un verre d'eau. Il se tient devant moi, face à face debout. Et ses yeux qui brillent. Il me prend dans ses bras. J'appuie ma tête sur son épaule et dissimule mon visage dans son cou. Nous restons enlacés des minutes entières. Et je voudrais le garder là contre moi, je voudrais dormir contre lui, le sentir me réchauffer le corps et le coeur. Il m'embrasse la nuque, la joue. Relâche son étreinte. Nous nous regardons. - Il faut que j'y aille. Il ramasse son sac, le hisse sur son dos, se dirige vers la porte, m'étreins à nouveau. Je dépose des baisers dans son cou, sur sa joue, il m'en rend un au coin des lèvres. - Je dois y aller. - Ok. La porte s'ouvre, je suis confuse et ne trouve rien à lui dire, n'ai pas le temps à vrai dire. Il me murmure des choses dont je ne me souviens plus, puis disparaît. Dans l'escalier.


Je me sens encore un peu faible aujourd'hui. Et puis il y a toutes ces choses qui tournent dans ma tête. L'anémie qui me reprend, mon retour dans le sud ce soir, son mail dont je ne sais pas quoi faire, cette soirée avec Andrea. Et ce dizionario au milieu de tout ça, posé sur mon bureau, portant ses mots maladroits en première page.

Celui-ci est mon vocabulaire,
tu peux commencer
à apprendre un peu
d'italien!

Ciao
Andrea

05.07.2007

Histoire d'envies

Il fait moche ici. Tellement moche. Et j'en ai marre du moche.

Retourner aux Beaux Arts. Ca a quelquechose d'un peu irréel. Me sentir planer dans les couloirs déserts. Siffler puis déguster lentement l'écho, avec jouissance. Monter une à une les marches qui mènent à l'école, tirer la lourde porte qui ne cessera jamais de grincer, à croire qu'elle est une marque de fabrique, [ Au téléphone Ah tu es à l'école? Euh oui comment tu sais? Bah le bruit de la porte. Ah. ]. Les résultats sont affichés, enfin pas tous. Le reste arrive d'ici le 13 juillet en théorie. Tout va pour l'instant bien.

Je ramasse sur le retour une baguette fluorescente orange, et je me retiens de ne pas embarquer avec moi quelques tabourets, souvenir de lorsque nous en avions piqué et tellement encore et tellement plus. Ils ont retiré la benne à ordures dans laquelle nous nous étions jetées ce soir là et dans laquelle nous avions hurlé, crié, épuisé nos cordes vocales et ce que c'était bon. Ces tabourets que je recherche désespérément depuis que j'ai achevé mon bar, mais non rien. C'est quand même pas compliqué: je veux des tabourets/chaises pour bar pliables ou empilables (oui dans 20m² c'est encore le mieux), pas (trop) chers, et de préférence colorés. Et je n'ai pas encore réussi à combiner ne serait-ce que deux options. Zut zut zut.

Juste envie de pouvoir y manger sur mon beau bar, que j'ai mis une semaine à façonner avec amour. Une envie de plus à laquelle je me raccroche. Et elles se succèdent, elles me noient parfois, les envies.

Certaines un peu dingues. Faire l'armée par exemple. Oui je ne sais pas vraiment d'où cela sort et si j'avais su qu'un jour je dirai ça... Je crois que j'ai juste envie de repousser mes limites, de me retrouver seule face à moi même et de me dire Ben maintenant ma grande montre moi ce que t'as dans le ventre, de couper tous les ponts, connaître autre chose, avoir un autre rapport au corps, sortir de ma passivité maladive, me surpasser toujours, m'épuiser, m'épuiser. Mais au fond l'armée, cela ne me convient pas. Un camion de pompiers qui passe, et de voir toutes leurs petites gueules d'anges, j'ai envie là tout de suite de monter avec eux. Alors je me dis que la solution est peut être là. Devenir pompier (ou pompière...?). Voilà quelquechose dont j'ai toujours rêvé. Mh. Je me vois bien oui avec des biceps de butch et des abdos de bodybuildeuse.

J'ai envie d'une coupe à la garçonne. J'ai envie de filles aux cheveux courts, de garçons aux cheveux longs. Au fond je désire un sexe qui n'existe pas, je crois. J'aime les gens sans distinction de genre. Peut être que c'est cette distinction même qui me repousse. Le fait de s'affirmer comme un homme ou une femme. Dans le fond on s'en fout surtout moi. Ce sexe ne me dit pas qui tu es.

Cela ne m'empêche pas de craquer sur tous ces beaux garçons aux jolis sourires particulièrement toi le petit chou tout à l'heure au visage recouvert de petits pansements, sur toutes ces jolies filles aux yeux qui brillent et qui brillent.

J'ai envie de sauter dans le vide. Envie de sauter en parachute, grâce à Romain, il a fait le grand saut pour ces vingt ans, m'a communiqué sa soif d'adrénaline, je veux sentir le vide sous mes pieds, je veux mesurer la chute, la liberté, je veux faire l'expérience de ma propre liberté, loin de l'apesanteur. Voler. Mon dieu voler.

J'ai envie de voir ma petite soeur, de prendre soin d'elle, de prendre conscience pour de vrai de ce sentiment d'être grande soeur, et d'avoir quelqu'un sur qui veiller, être là. L'emmener boire un verre, voir un concert, lui faire à manger et ce genre de conneries. Qu'est-ce que ça me manque de faire à manger pour quelqu'un. Nous revoir l'année dernière, chacun nos spécialités, lui avec ses pizzas et ses pâtes à toutes les sauces, moi avec mes tartes à la courgette, mes crumbles et mes flans. C'était doux de nous voir cuisiner l'un pour l'autre, nos petits plats fourrés à la tendresse.

C'est cela qu'il doit me manquer. De la tendresse.

J'ai envie de refaire de la colocation, et aimer des gens, aimer plus plus de gens, aimer la Terre entière.

 

J'en ai marre du moche. Je m'invente un monde d'envies. Et puis samedi, je descends, dans le sud. Retrouver un peu de soleil et du festival d'Avignon et de ses couleurs, puisqu'ici je n'ai rien à faire. Je pars. Je pars.

 

Bande son: Les courgettes qui frétillent dans la casserole gracieusement accompagnées de la voix suave de Noir desir, et puis la pluie toujours la pluie

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