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25.12.2007

Everybody's gotta learn sometimes

Il se trouve que c'est noël. Et plus j'y pense, plus je suis triste. Sans raison apparente. Je donnerai simplement tout pour être autrepart qu'ici, pour ne pas avoir bouffé à me faire vomir, pour que quelqu'un m'appelle, pour qu'il me réponde.

Je n'ai toujours rien compris. Cette fois ce n'est plus moi qui me serre, c'est l'Autre que je tiens fort contre moi. Je veux juste être là pour lui je me dis, là pour lui, et pas lui pour moi. Je voulais juste prendre soin de lui, répondre à sa détresse. Merde on ne débarque pas plusieurs nuits d'affilée chez quelqu'un les yeux remplis de larmes pour disparaître comme si de rien n'était. C'est lui qui s'est accroché à moi. Pas l'inverse. Alors pourquoi est-ce que j'ai tant besoin de lui ce soir? Pourquoi est-ce que j'ai tant besoin de lui depuis trois jours?

Je l'ai appelé chaque putain de journée passée, sans succès. Je veux bien qu'il n'ait plus de crédit mais là ça commence à faire beaucoup. Et qu'est-ce que je fais maintenant? Je laisse tomber? Il peut pas me faire ça, pas lui. Pas lui aussi.

Il me disait - après une demi heure au téléphone avec son pote alors que j'essayais de dormir à côté hum - qu'il était épuisé d'être toujours là pour les autres et de n'exister pour personne. Eh bien il ne m'en voudra pas si à son tour je le range dans la catégorie connards au même titre que les autres.

La tentation omniprésente de lui envoyer un mail. Non non non. Comment tu veux te l'effacer du crâne si tu commences à te prendre la tête avec ça hein?

Putain j'en ai marre de tout foirer. Ce blog part en couille et je fais mine de ne pas m'en apercevoir.

S'il n'y avait que le blog.

22.12.2007

24 hours

Ce fût bon de passer 24 heures avec une fille. 24 heures passées aux côtés de Clémence. Et j'aime regarder derrière la perspective de ce qu'ont été ces 24 heures.

24 heures qui commencent dans un cours d'histoire de l'art, aux environs de 15h. Elle rentre énervée, dans le métro deux individus féminins prépubères lui ont demandé si elle était une fille ou un garçon. A elle. La grande blonde aux yeux bleus. Elle a répondu qu'elle n'a pas besoin d'exposer son string et de ressembler à un pot de peinture pour être une fille. Vous commencez à cerner le personnage.

Plus que quelques heures. Quelques minutes. Voillà nous sommes en vacances. L'irrépressible envie de boire, de fumer et d'aller beaucoup beaucoup plus loin que nous. Des bières pour commencer. Un kir. Des bières. Cloé amène des crêpes. Et des lesbiennes, mais passons. Je nage à l'intérieur de moi même. Voilà tout ce dont je me souviens.

L'école ferme. Il nous faut émigrer chez Cloé. Je prends mon vélo et retrace l'Itinéraire, le seul itinéraire de Paris que je fais systématiquement à moitié bourrée et de nuit, et dont je me demande chaque fois comment j'arrive encore à arriver à terme. J'arrive à l'appart avant elle. Ambiance génée avec sa coloc. Elles arrivent enfin, les goudous se jettent sur la star académie. Clémence, Clara et moi sommes effarées. Nous buvons. Je tire sur un join. Encore et encore. Je sens que ça commence à tourner un peu. Je rentre dans la salle de bain et je tombe. J'ai à peine le temps de sentir le choc des genoux sur le carrelage, je me réveille par terre complètement recroquevillée en boule. Je m'assieds et je reste là, à lutter pour arriver à me réveiller, ne pas refermer les yeux, réussir à me mettre debout peu à peu.

Je ne me vois pas bien dans le miroir mais je sais que je suis blanche. J'ouvre la porte. Elles me dévisagent. T'es blanche. - Je sais. Cloé me surveille du coin de l'oeil, je lui dis que j'ai fait un malaise. Clémence m'apporte un verre d'eau. Jess se fout de ma gueule. Ben alors on reprend des couleurs. Oui ça aussi je le sais. Je me remets debout, je suis mieux à leur hauteur. J'ai souvenir d'un fou rire géant sur le bar mais je ne me souviens plus à propos de quoi. Je n'ai en général aucun souvenir du moindre contenu de conversation. Nous sortons avec Clémence, manger au macdo. Oui au macdo. Tu me donnes tes sauces hein, je les récupères si tu les manges pas. Ok. C'est irréel d'être là dans ce macdo avec ses allures glauques de kebab aseptisé, de musique moisie à minuit passé.

Elle n'a pas envie d'y retourner, chez Cloé, me propose de finir la soirée ensemble chez elle, me dessine un joli plan. Je file chez Cloé leur dire au revoir - bonnes vacances - et récupérer mon vélo. Puis, direction: Montrouge. Je me perds un peu, accroche mon vélo, tape le code écrit sur son petit plan, sonne. Quatrième étage gauche. Je grimpe. Elle m'attend. Je m'assieds et j'observe son appartement, ses peintures surtout. Il y a à l'intérieur d'elle et de ses oeuvres une force, une énergie qui se feraient presque rage, violence. Elle est belle dans la lumière pénombre. Nous parlons. Et je finis par m'endormir devant Volver.

C'est d'un sommeil infiniment réparateur dont je sors. Des résidus de mal de crâne font surface, mais je me sens globalement bien. Je me plonge un instant dans son Beaux Arts. Elle se réveille progressivement, s'échoue contre moi, toute froissée encore. Je descends chercher des croissants, pains au chocolat, pain chaud... Le petit dej de madame est servi. Elle m'accueille avec un grand sourire. Et nous voilà devant Oggy et les cafards.

Une fois l'esprit réveillé, elle sort ses cartes rasta, je les mélange pendant qu'elle un roule un bedo. Je suis tellement bien. Et on enchaîne on enchaîne. On tire sur un fond de crapette et de bataille corse.

15h approche. Elle a un train, se prépare. C'est pas possible je ressemble à rien là. - Dis pas ça t'es trop belle, trop classe même. Et c'est au terme de nos 24 heures que nous nous séparons.

 

J'avais oublié un peu la vie avec une fille. Même s'il ne s'est rien passé. Je réalise que ça me manque. Les filles me manquent. Je repense un peu à celles qui sont derrière maintenant. Et cela fait un bien fou de passer un peu de temps à deux, de profiter, jouer avec ce quotidien qui n'en est pas un. De la complicité entre autres. J'aime bien penser à tout ce qui peut arriver en 24 heures, en une semaine même.

Je n'ai rien d'autre à dire si ce n'est que je suis en vacances.

Et salut au mec qui est arrivé ici en recherchant "branlette".

19.12.2007

La vie n'est faite qu'en fait de petits goûts dissimulés là tout au fond de notre tête, et l'on ne peut s'en débarasser

A poil étendue sur le sable
La dernière fois que je t'ai vue
T'avais l'air un peu plus charnue
Si on essayait un ptit peu
De se regarder dans les yeux
Et si on évitait les claques

Allé! Avance!

Et ne te retourne pas
Mets bien ton corps en évidence
Et pense à celles qui ne peuvent pas
Et si tu penses que l'amour
Ca suffit comme ça
Reste en vacances
Et pense à ceux qui n'en ont pas

Allé! Ne te retourne pas!

Il a suffi que j'écrive cette note hier soir pour qu'il débarque chez moi quelques heures plus tard dans la nuit. Il se tient frigorifié sur le seuil de ma porte, l'air un peu perdu. Je le fais entrer, le prends dans mes bras pour le réchauffer. La machine se met en marche, et en quelques secondes je me retrouve allongée sous lui. Je suis encore à moitié endormie et je ne comprends rien, je sais juste que c'est bon de l'avoir là, tout dans le creux de mon corps.

Il tremble, est parfois absent, aligne des mots incohérents. Il ne veut pas me dire ce qu'il a pris, ou ce qu'il n'a pas pris. Il me parle d'un pari avec un pote, à celui qui tiendra le plus longtemps sans branlette, et d'autres choses. Je m'inquiète un peu pour lui, mais il me dit que ça va, qu'il a juste besoin de dormir.

 Et voilà les fondements de ma confiance en mes capacités à avancer qui s'effondrent déjà. Je ne tournerai jamais la page. Merde merde merde. Qu'est-ce que je peux faire maintenant? C'est à moi de le rappeler, il m'a dit, c'est mon tour il paraît. Je le rappellerai. Peut être. Je ne sais pas. Demain?

A part ça j'ai enfin fini un bon bout de maquette (petite fierté l'air de rien). Et on me propose un plan à trois plus ou moins pour le 29. Moerf.

Il y a des jours où j'ai l'impression de ne vraiment rien comprendre à la vie.

18.12.2007

Let's play the game

J'aime voir Mélinée sortir en courant de l'école, elle a hâte, quelqu'un l'attend. Et j'aime les voir s'embrasser et se serrer fort devant les beaux arts. J'aime savoir que ces gens là qui le méritent ont quelqu'un qui les aime. Tout cela fait chaud au coeur. Par procuration peut-être, mais chaud quand même.

 Je pense à Quentin qui m'attendait toujours sur le trottoir d'en face avec son vélo. Je montais sur le porte bagages et je m'accrochais à lui. Les pieds dans le vide, les bras autour de son ventre et la tête contre son dos. J'étais bien au milieu des voitures, me laisser porter. Il était mon chauffeur personnel je l'appelais, et j'aimais ça. Au point parfois d'en être réduite à négocier et promettre une compensation pour quand je rentrerai.

Je souris en y pensant. Je souris en pensant à ce qui est passé et qui était beau. Je me dis que je commence à accepter le fait que tout cela est résolument terminé. J'ai maintenant de beaux souvenirs et rien à regretter.

 Je reprends confiance en ma capacité à tourner la page. Je pédale sourire aux lèvres. Un beau brun aux longues dreadlocks me sourit, lève un pouce et tend le bras dans ma direction. Je le regarde et je passe. Je me sens lumineuse ce soir. Même l'institut du monde arabe est beau dans ses lumières de nuit. Et lorsque je traverse la seine, je n'ai plus envie de crier à paris que je la hais. Elle est juste un gigantesque casino de gens qui se croisent, tentent leur chance chaque jour au grand jeu de la vie.

Je me retourne au feu rouge suivant. Une dame avec un bonnet orange et une grosse fleur épinglée dessus me sourit. Je me dis que j'ai dû gagner le jackpot aujourd'hui.

 

Il y a eu samedi aussi. Samedi, LE jour J. Samedi, le jour où j'ai réalisé mon premier projet. Le jour où j'ai, pour la première fois, construit ce que j'avais dessiné, dirigé une équipe sous mon entière responsabilité, éprouvé ce que j'avais jusque là imaginé. Il y avait Sandrine, Arthur, Claire, Olivier, et Clara. Et je ne les remercierai jamais assez d'avoir été là ce jour là, d'avoir pu ressentir qu'il y avait des personnes là autour de moi, sur qui je pouvais compter et avec qui construire et partager.

Ils ne se connaissent pas, mais le groupe se forme peu à peu, tous unis autour d'un projet qui est mien et dans une immense générosité. Evidemment rien ne marche comme prévu, les cordes qui lâchent avec le cisaillement, le camion non réservé, les palettes trop lourdes, les bidons qui fuient, la rame trop courte,... Rien ne va mais ils sont tous là, motivés, pleins d'énergie et de bonne volonté. Et puis, il a de la gueule mon radeau une fois achevé. Alors oui on crie en le jetant à l'eau, parce que quelquepart on a gagné. On est bien sur l'eau à se laisser dériver... Les yeux juste à la hauteur du sol, le silence et le soleil. Des roumains sortent peu à peu de leurs baraquements de fortune, viennent voir l'étrange engin. "C'est souper, ils crient, c'est souper!"

Oui c'est super. De les voir tous en rond partager des pains aux noix et aux graines de tournesol encore tièdes que j'avais fait ce matin spécialement, à discuter, rire. On est heureux.

Etrangement je ressens une immense fierté. De les avoir réunis, de les avoir tout court, de les connaître, et d'avoir mené à terme ce projet un peu aussi.

 

J'ai confiance en ce qui va se passer. Même si je n'en ai aucune idée, je me dis que ça n'a aucun importance, qu'il existera toujours des choses simples, belles, pour entretenir l'étincelle et se garder un petit bout de bonheur où que l'on soit.

14.12.2007

Les longues notes n'annoncent jamais rien de bon

Je flippe.

Je flippe de ne pas avoir ma deuxième année. De me planter lamentablement. Une fois de plus. Sauf que celle ci sera la dernière. Parce que si je me loupe je dis adieu à l'archi.

Je me suis faite laminer sur mon projet mardi dernier. Je m'en doutais un peu mais j'espérais quand même. Il faut que je l'aie ce projet, il le faut. Je discute avec la prof, elle me propose pour la énième fois de me réorienter en école d'art. Mais non non non ce n'est pas ce que je veux faire moi. Et puis en première année on me conseillait d'aller en philo, pour ma deuxième première année c'était la littérature. Merde. J'ai choisi l'archi. Et quitte à ne pas être architecte, j'aimerais au moins pouvoir aller au bout de mes études, y apprendre ce que j'ai à y apprendre.

Je passe des journées sur ma maquette. Et j'ai l'impression que plus j'avance et plus je la bousille. Mais passons. J'expose mon pré-projet à un des jury qui m'a noté mardi dernier. Il paraît que je suis "totalement hors sujet" et qu'"on est pas au cirque ici!". Ok. Désormais je fais un bunker. Un blockhaus sur les bords du canal. Je procède à la militarisation de la zone ourcq. Je l'ai décidé. Et malgré m'être promis de ne jamais construire en béton. Voilà ce sera fait une bonne fois pour toutes. Alors mon programme pour réussir mon P3 se résume à un bloc de béton, des treillis camouflage et des barbelés.

Mouahaha! Rira bien qui rira le dernier!

Autant dire c'est pas gagné. C'aura peut être été mon dernier projet d'archi, et étrangement je trouve que ça sonne assez juste, ça me fait même assez rire.

Mais passons. Ca me fait quand même bizarre de me dire que tout se joue quelquepart là, maintenant. Ce que je vais faire plus tard. Ce que je ferai même dans deux mois...


Je suis un peu débordée. Il y a pleins de choses que j'aimerais faire mais je ne trouve pas le temps. J'ignore si je m'y prends mal ou si je suis réellement overbookée et dans l'impossibilité de tout faire. Je me fais des petits papiers avec des petits programmes dessus et des listes de ce que j'ai à faire, au bout desquelles je n'arrive jamais évidemment.

Tout s'accumule. Ou bien j'oublie. Et je me retrouve coincée à un moment où un autre. Alors je prie pour ne rien oublier samedi, pour que tout fonctionne, ne tombe pas à l'eau... C'est le cas de le dire puisque je m'en vais construire un radeau pour dériver sur l'ourcq, mais ça il faut encore pas trop le dire.

Un examen d'histoire de l'art contemporain, une analyse d'oeuvre d'une artiste quasi introuvable (trois pages dans tout beaubourg), pour demain! Sans compter ma maquette à avancer, regarder les entreprises de recyclage de matériaux pour samedi, et penser à acheter du kadapak noir, puis tracer et imprimer, découper mes lamelles poutres pour la première maquette... Et puis des dizaines de choses à ne pas oublier... Et puis j'ai fait un tour à l'expo sur Rogers, tout cela me donne le tournis (maquettes en particulier) et m'épuise rien que d'y penser.

Accessoirement je dors peu et mal. Jusqu'à la crise de larmes à 3h du mat en finissant par me jeter sur mes pinceaux histoire de faire sortir un peu. Un peu de ce cri muet au fond qui s'éternise, tourne en rond dans le ventre en attendant, cognant pour s'échapper.

Je suis incapable de me projeter plus de trois jours dans le futur. Sorte de brouillard infini autour. Je sens parfois que j'ai besoin de parler, d'avoir un contact un minimum humain, récupérer l'énergie de croire encore en quelquechose de beau. Je murmure à Paris le soir en vélo que je la hais, elle et ses habitants. J'aimerais pouvoir le hurler un jour. Mais il me manque ce quelquechose.

04.12.2007

Sans queue ni tête

(Et je ne - me - trouve aucun sens) 

Je suis l'aspirateur
Du gris de vos cerveaux
Je suis le monstre
Qui mange vos idées noires
Je broie du noir
Je nage dans l'asphalte de vos pensées
Je me noie dans le sombre de vos êtres

Je suis la pute de vos chagrins
Que vous baiserez pour vous sentir mieux
Oublierez une fois sorti du pieu
Repartant soulagé dans le matin

Je suis le monstre à poils
La chose sans queue ni tête
Deux oreilles mais pas de bouche

Juste un corps tout juste bon
A broyer du noir
Broyer du noir

Débarrassez vous de vos sales pensées
Donnez moi
De ce noir qui me nourrit
De ce noir qui me pourrit

Je suis le fantôme
Sur son tout petit vélo
Qui chante
En traversant la ville

Qui croyait n'avoir plus rien à perdre
A force de perdre sa raison
Mais qui s'est perdu lui même

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